Chantal Rivard est résidente des Appartements Papineau depuis 10 ans.  

Deux ans après son arrivée, elle a exprimé le souhait de s’impliquer dans les activités du Mûrier ; depuis, elle a su faire sa place et se rendre indispensable.  

Les stages d’expérimentation au travail du Mûrier 

Qu’est-ce qu’un stage d’expérimentation au travail ? Il s’agit pour une personne vivant avec un trouble de santé mentale de pratiquer une activité de bénévolat au sein de notre organisation. Ce programme permet aux participants et participantes d’expérimenter une activité de production semblable à celles réalisées dans le cadre d’un emploi, mais en proposant des ajustements sur mesure. À titre d’exemple, les horaires et les tâches sont adaptées aux intérêts et compétences de chacun.  

Quels sont les avantages du programme ? Chaque participant profite de cette opportunité pour dépasser ses limites, créer des liens et réaliser des objectifs concrets au sein d’un cadre rassurant et compréhensif. 

Pour qu’un participant intègre le programme, il faut que sa candidature soit soumise par un(e) intervenant(e) du Mûrier ou par le travailleur social ou la travailleuse sociale en charge de son dossier.  Les candidats viennent ensuite visiter les installations avec leur intervenant, évaluer s’ils souhaitent, par exemple, devenir stagiaires de la Fabrique à Bouffe. Lors de cette visite, ils discutent des tâches et des attentes avec le cuisinier-formateur Ghislain Girouard. Si cela leur convient, ils font l’essai de leur nouveau poste pendant une journée ou deux, puis sont officiellement recrutés. Ils peuvent travailler d’une à vingt heures par semaine. 

Bien que les participants ne reçoivent pas de salaire typique, ils bénéficient tout de même d’une modeste allocation pour chaque heure travaillée. Cet extra à leur budget est souvent le bienvenu !  Ils ont aussi droit à des congés rémunérés, et ils doivent gérer leur banque de vacances comme dans le cadre d’un emploi régulier. 

Les stagiaires peuvent occuper leurs fonctions aussi longtemps qu’ils le désirent, car il n’y a pas d’échéance à leur implication. Au fil du temps, les intervenants peuvent fixer des objectifs avec les participants, par exemple la ponctualité, l’assiduité ou des points à améliorer dans l’accomplissement de leurs tâches. Cet accompagnement sur mesure pourrait leur permettre de faire la transition vers un emploi et ainsi, poursuivre leur parcours vers une plus grande autonomie.  

Faire ses preuves : de stagiaire à employée 

C’est donc ce programme qui a suscité l’intérêt de Chantal ; grâce à lui, elle est devenue stagiaire à la Fabrique à Bouffe en 2012 (à l’époque où il s’agissait encore d’une toute petite cuisine !). En 2014, lorsque la cuisine de production a été entièrement agrandie et rénovée, Chantal était prête à occuper un emploi à temps partiel.  

L’organisme L’Arrimage l’a accompagnée dans sa transition. Elle a pris l’initiative de demander un emploi au cuisinier-formateur. Le Mûrier a acquiescé, puisqu’elle avait démontré durant son stage qu’elle était qualifiée pour le poste.  

Chantal travaille actuellement 3 jours par semaine, à raison de 4 heures par jour. Lorsqu’elle était stagiaire, elle s’occupait de la coupe des légumes, de la confection des entrées et desserts. Aujourd’hui, elle participe à la confection des plats principaux, et se charge de la cuisson des viandes sur le grill et de la préparation des sauces. Elle met aussi la main à la pâte pour la préparation des desserts. Il lui arrive de prendre part à la planification des menus.  

Sa position et son expérience lui permettent aussi de prendre le relais lorsque le cuisinier-formateur s’absente ; elle donne des indications aux stagiaires, leur explique les tâches à effectuer, et assure la bonne marche de la cuisine pour la préparation du repas de la journée. Si nécessaire, elle passe aussi les commandes aux fournisseurs.  

Son assurance et son expérience croissent d’année en année ; elle est maintenant une membre essentielle de l’équipe en cuisine !  

Le Mûrier offre son programme d’expérimentation au travail à une vingtaine de participant(e)s par année. Ces stages peuvent être réalisés au sein des services du Mûrier ou d’organismes partenaires. Il n’est pas nécessaire d’être résident(e) du Mûrier pour y avoir accès ; consultez votre intervenant(e) si ce programme vous intéresse.