Un emploi plein de surprises

Quand l’imprévu cogne aux portes de Papineau, il faut savoir répondre.

Mon nom est Olivier et je travaille à Papineau depuis un an. En tant qu’intervenant référent, il m’arrive de faire face à une multitude de défis au quotidien. De la gestion de budget avec des résidents au penchant dépensier, la distribution de dons alimentaires où la compétition peut être féroce, les visites d’éléments indésirables entre nos portes et la gestion de situations de santé d’urgence, on ne sait jamais ce que la journée nous réserve.

L’art de la tâche connexe

Nous utilisons souvent la blague du terme « toutes autres tâches connexes » au bureau. Celle-ci ne manque jamais de nous faire rire parce qu’elle est vraie. La description de tâche inclut cette phrase dans tous les contrats de travail au communautaire et ce n’est pas pour rien. Elle existe car, ici, on doit savoir être poliglote dans la langue de l’improvisation. En voici quelques exemples:

Dernièrement je me suis retrouvé enseveli dans la production d’autocollants à imprimer dans le cadre des portes ouvertes de la Fabrique à Bouffe. Ces collants ont servis à décorer les sacs pour la vente de chocolat organisée par notre cuisine communautaire.

L’Halloween dernier, j’ai installé des abris anti-pluie improvisés avec mes collègues du collectif de Papineau. Les enfants ont donc pu venir recevoir des bonbons offerts par l’équipe et les résidents.

Suite à l’explosion d’un tuyau dans la salle communautaire, mon coordonateur et moi sommes devenus des nettoyeurs après sinistres pour un après-midi, armés d’un aspirateur, des bottes de pluie en caoutchouc et un sens de l’odorat mis au défi. (Heureusement pour nous, nous avons une excellent équipe des bâtiments qui a su réparer le trou rapidement!)

Notre équipement de protection sert également lors des nombreux traitements anti-punaises auquels nous sommes malheureusement soumis dans ce domaine.

 

Les surprises n’arrêtent pas

La définition de la tâche connexe ne s’arrête pas à des petits projets improvisés, elle peut également s’appliquer au quotidien du bureau. Ayant trouvé une magnifique chatte qui s’est retrouvée sans maître suite à un départ dans le bloc, nous avons décidé de l’adopter au bureau, au bonheur des résidents. Par chance, Suzieki (et oui, comme notre cher capitaine) adore les humains et déborde d’affection, une vrai experte en zoothérapie. Un bon lundi matin, un appel me donne un choc cependant:

«Suzie à eu des bébés! Suzie à eu des bébés!». C’est une de nos résidente qui s’occupe de notre chatte en notre absence les weekends. D’un seul coup, elle a mis à bas deux petits chattons qui miaulent et s’ébattent sur le sol de son appartement. Abasourdi, me voilà en train de rechercher «soins pour chattons nouveaux-nés» sur mon ordinateur, complètement sonné.

Pour moi, les imprévus font partie de ce qui rend ce travail si gratifiant. Cet inconnu est source d’apprentissages et l’impact de mon travail se fait vraiment sentir lorsque je me trouve à être premier répondant. Ce n’est peut-être pas héroïque comme le travail d’infirmière ou de pompier mais cela ne dilue pas le sentiment d’accomplissement qu’il m’arrive souvent de vivre ici au Mûrier. Après tout, lorsqu’on travaille en proximité au quotidien, on partage les hauts, les bas et les surprises avec nos résidents.